Historique église Marie-Médiatrice

Marie-Médiatrice

1954-1989

«C’est alors qu’on se rend compte que l’idée de nos grands-parents de construire leur propre chapelle n’était pas si mauvaise. »

Un village n’est pas un vrai village s’il ne possède pas sa propre chapelle.  C’est ce qu’a dû dire la population de la Pointe puisqu’en 1930, elle appuie les syndics de l’époque, Messieurs Saint-Maurice, Barette, Pigeon, Lafleur et Gravel dans leurs efforts d’emprunter les argentes nécessaires à la construction d’une chapelle.  Les propriétaires s’engagent à payer $10.oo par année pour payer les intérêts de l’emprunt.

Cette détermination collective est rehaussée par la participation de Madame Marie-Louise Périllard, paroissienne de Saint-Joseph-du-Lac, qui fait don au curé, aux syndics et aux paroissiens d’un terrain situé Pointe-Calumet «pour y construire dessus une chapelle d’été.»  Elle sera en effet toute petite, construite toute en bois et toute blanche; on lui donne le nom de Notre-Dame des Neiges.

Dès 1953, les nouveaux syndics, messieurs Barette, Saint-Maurice, Gravel, Defoy, Senay et Legault s’occupent de l’érection de la paroisse. À partir de ce moment, la chapelle Notre-Dame des Neige portera le nom de Marie-Médiatrice.  Le 12 juin 1954, on reconnaît le statut de la paroisse et le 10 juillet de l’année suivante, le Cardinal Paul-Émile Léger vient lui-même bénir l’église.

À cette époque, à la saison estivale, on célèbre six messes par dimanche. La chapelle se compose alors de trois  rangées de bancs où peuvent s’entasser jusqu’à 200 personnes.  On doit souvent laisser les portes ouvertes pour permettre aux gens de dehors de suivre  la célébration.

Une chapelle sans cloche pour inviter les paroissiens aux cérémonies religieuses, n’est pas tout à fait une vraie chapelle. C’est donc Monsieur Saint-Maurice, l’un des syndics, qui offre la cloche que l’on bénit dans la chapelle même.

L’été, les Pères trappistes ou encore le curé Dufour de Sant-Joseph viennent célébrer la messe à Pointe-Calumet. Il y a aussi les Pères Clément qui se sont faits construire une petite chapelle à l’intérieur de leur maison où, de temps en temps, ils célèbrent l’eucharistie.

Jusqu’en 1954, Pointe-Calumet est rattachée à la paroisse Saint-Joseph-du-Lac et l’hiver, les villageois de la Pointe doivent donc se rendre à l’église de Saint-Joseph.

Il a fallu attendre près de 30 ans avant que la population de la Pointe s’offre une messe hivernale. C’est au restaurant « Barbeau »  qu’est célébrée la messe par le curé Jasmin de saint-Joseph, d’octobre 1952 jusqu’au printemps suivant.  Le premier vendredi du mois, on y confesse même les paroissiens.

Vers les années 1980-1982, la vitalité de la paroisse laisse entrevoir la possibilité de transformations importantes à effectuer à l’église. Des projets s’élaborent mais ne peuvent se concrétiser dans le temps.

En septembre 1983, une équipe de religieuses de l’Institut Notre-Dame du Bon-Conseil de Montréal avec Mario Foucault, assumera la responsabilité de la paroisse. L’église présente des signes évidents de désuétude qui appellent plus qu’un entretien régulier.  En octobre 1985, le Conseil de Fabrique met sur pied un « comité-église » qui prend en charge les études et les consultations nécessaires à un projet de construction ou de rénovation.  Ce comité formé d’Armand DesCôtes, Georges Dufour, Robert Taillefer, travaille en étroite solidarité avec les marguilliers. Les deux groupes sont coordonnés par Sœur Esther Champagne.

La chapelle est appelée à connaître des transformations imposées par une poussée démographique régulière. C’est ainsi que des agrandissements seront effectués à quatre reprises : sur le côté, à l’arrière (2 fois) et à l’avant où à cette occasion on déplacera le clocher.

Ces nombreux travaux d’agrandissement et de rénovation n’entraînent pas que des améliorations au prix de multiples inconvénients. Ils sont à la source de certaines anecdotes.  En voici une racontée par des témoins : «Il y a de cela 10 ou 15 ans, les syndics décident de faire faire quelques petits travaux, dont la restructuration du plancher de la chapelle. Le temps des fêtes vient arrêter le déroulement du travail.  On solidifie dons ‘’temporairement’’ les poutres sous le plancher.  Ce qui devait arriver, arriva… À la veille de Noël, tout le village est rassemblé dans la nef pour assister à la messe de minuit.  Au moment de l’Eucharistie, sous le poids des ceux qui, nombreux, se rendent communier, une des poutres cède.  Sur le coup, plusieurs sursautent; on croit que le plancher est sur le point de s’écrouler.  Il n’y a qu’un pas à franchir et la panique gagnera toute l’assistance.  Chacun retient son souffle.  Monsieur le curé, dans un geste à redonner confiance, reprend la distribution de la communion.  Le mauvais moment est passé.  Il y a plus de peur que de mal.  Mais on a eu peur!»

Comme on le voit, la chapelle de Pointe-Calumet a sa petite histoire. Elle a été témoin d’une bonne partie de l’histoire de la Pointe, de sa phase de très grande popularité.  Son développement a été le reflet même de l’évolution de ce magnifique centre de villégiature où l’encadrement moral n’a jamais vraiment fait défaut.

Au printemps 1987, une grande campagne de financement se met en branle afin de recueillir les fonds requis pour la transformation de l’église ($250,000.00). Pour atteindre cet objectif, on vendra le presbytère qui est trop grand pour les besoins réels de notre temps.  Dans les plans de l’église nouvelle, des espaces sont prévus pour les bureaux de la paroisse.  Les travaux de rénovation commencent en septembre 1987.

Grâce à la générosité des paroissiens et de leurs amis et anciens calumet-pontois, grâce aux corvées laborieuses et efficaces, grâce à la ténacité courageuse des responsables, le 20 décembre 1987, la première messe est célébrée dans la nouvelle église par Mgr Raymond Saint-Gelais, évêque auxiliaire à Saint-Jérôme.

Le 29 mai 1988, un marchethon mobilise les jeunes de l’école Marie-Médiatrice, leurs parents et professeurs, soutenus par le Comité d’école et les membres de Parents-Secours. L’objectif du marche-thon est de recueillir le fonds nécessaires pour l’achat des autels et des lutrins de l’église renouvelée.

Le 5 juin 1988, le Conseil de Fabrique, alors formé de Robert Beaulieu, Jean-Yves Champagne, Gaétan Charron, Raymond Cousineau, Jacques Séguin et Sœur Esther Champagne, invite Mgr Charles Valois, évêque de Saint-Jérôme, à bénir le nouveau lieu de culte. Une grande fête de reconnaissance est organisée à cette occasion pour remercier tous les bénévoles de leur contribution à ce projet collectif.

Depuis la fondation de la paroisse, plusieurs prêtres en ont assumé la responsabilité :

  • M l’abbé Albert Millette : juin 1954 à juin 1958 (décédé le 12 mars 1988)
  • M l’abbé martin Lorrain : juin 1958 à mai 1962 (décédé le 22 septembre 1987)
  • M l’abbé germain Coulombe : mai 1962 à septembre 1968 (décédé le 1er novembre 1981)
  • M l’abbé Bernard Giraldeau : septembre 1968 à septembre 1970
  • M l’abbé Louis Roux : septembre 1970 à août 1976
  • M l’abbé Antoine Kelbert : septembre 1976 à septembre 1983

Depuis la fin août 1983, l’animation de la paroisse est confiée à une équipe formée de religieuses et d’un prêtre. Une religieuse est coordonnatrice paroissiale et le prêtre, responsable du ministère sacramentel.  Sœur Aline Décarie et Mario Foucault forment la première équipe jusqu’en 1984 où Sœur Esther prend la relève de Sœur Aline.  Parmi les prêtres qui serviront la communauté chrétienne, nommons Claude Julien, Guy Cousin, Réal Guay, Robert Lemire.

Aujourd’hui, nous nous rappelons de tous ceux et celles qui, par leur foi, leur courage et leur générosité ont façonné la communauté chrétienne de Marie-Médiatrice de Pointe-Calumet. La mémoire humaine est impuissante à en rappeler tous les noms, les yeux ne peuvent retenir tous les visages, mais Celui qui est au-delà du temps et de l’espace, « les connaît chacun /chacune par leur nom » et les considère comme ses enfants bien-aimés.

Pour tous les bienfaits accordés à notre paroisse depuis ses trente-cinq ans d’existence, disons avec joie : NOUS RENDONS GRÂCE À DIEU!

 

Notes extraites de Histoire de la Pointe no 1, p.11-12-13
Texte relate en 1980

Photo de 1995
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Photo de 1996
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Photo de 1997
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Photo de 1998
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